Fabrice Robert : « pour nous, le social est consubstantiel de notre identité française et européenne »
Né en 1971, Fabrice Robert a derrière lui un long parcours politique puisque son premier engagement date du lycée. En avril 2003, à Mâcon, en compagnie d’autres cadres, il fonde le Bloc Identitaire, dont il devient le Président. A l’occasion de cette rentrée 2008, Fabrice Robert trace pour Novopress, le bilan de ces cinq années d’existence et fait le point sur l’actualité du Bloc.
Novopress : C’est de toute évidence la rentrée la plus dynamique du Bloc Identitaire depuis sa création. Simple agitation ou vraie progression ?
Fabrice Robert : Vraie progression, sans aucun doute. Depuis quelques mois, nous sentons un saut quantitatif et qualitatif de notre organisation. Nous ressentons aussi le vif intérêt qu’un peu partout et de plus en plus on porte à nos actions.
Ainsi, je reviens de la IIIème Université d’été de l’Esprit Public consacrée au thème « Culture & Enracinement » et qui a permis à certains Identitaires de s’exprimer, dont Jacques Coordonnier, président d’Alsace d’Abord, Christian Chaton, Conseiller général d’Alsace d’Abord ou encore Philippe Vardon, président de Nissa Rebela (les Identitaires du pays niçois). Cet événement a également permis de nouer des contacts fructueux avec ceux qui pensent qu’il est grand temps de rénover notre façon d’aborder le combat politique.
Par ailleurs, plusieurs rendez-vous importants sont prévus pour le mois de septembre : réunion de rentrée de Nissa Rebela, journée champêtre d’Alsace d’Abord, défilé annuel au flambeau en l’honneur de Catherine Segurane, réunions d’information du Bloc identitaire dans nos provinces (Normandie, Bretagne, etc.) ou encore l’Université de Rentrée du Bloc qui se déroulera du 26 au 28 septembre dans la région parisienne. C’est sur le thème « Le combat identitaire de demain : Idées et Action » que les participants seront amenés à travailler et réfléchir. Outre les ateliers pratiques et les tables rondes, nous accueillerons pour des conférences ou deux dîners-débats des intervenants extérieurs tels que Bruno Larebière (Le Choc du Mois, Minute), Jean-Yves Le Gallou (ancien député, animateur de la fondation Polémia), mais également un invité surprise…
Nous sommes donc en ordre de bataille pour aborder la rentrée sous les meilleurs auspices. Alors que la lassitude semble aujourd’hui s’emparer de nombreux militants politiques habitués aux succès électoraux faciles d’une autre époque, les Identitaires, pour leur part, continuent à construire, à progresser, à innover et cela avec foi, détermination et une grande espérance dans l’avenir. Certes, nous avons moins d’argent que beaucoup d’autres, mais tellement plus d’enthousiasme !
Novopress : Après la campagne sur la question sociale, on parle de plus en plus au sein des Identitaires de l’enracinement local. Est-on en train d’assister à un changement de stratégie ?
Fabrice Robert : Dès sa création, le Bloc identitaire s’est présenté comme un mouvement identitaire, social et européen. Pour être plus précis, je dirais que le mouvement identitaire est un mouvement social, non parce que nous plaçons le social avant l’identité, ou après, ou à côté, mais parce que, pour nous, le social est consubstantiel de notre identité française et européenne.
La dimension sociale a toujours été présente dans notre démarche militante, car nous agissons avant tout pour et au sein de notre peuple. Et nous agissons avec une sincérité et un esprit de désintéressement qui contrastent fortement avec l’attitude de certains, qui ont le mot « peuple » plein la bouche, mais qui, en réalité, le méprisent parce qu’ils le considèrent comme un simple maillon d’une stratégie électoraliste. Pour aider le peuple, encore faut-il être capable de le comprendre et de l’aimer. Avec nos différents projets associatifs, nous agissons pour les nôtres. Et notre objectif est clair : développer l’entraide et construire une véritable alternative pour notre communauté.
Enfin, puisque vous semblez évoquer un changement de stratégie, je rappelle que les Identitaires ont toujours prôné une stratégie d’enracinement local, seul moyen, aujourd’hui, de peser dans la durée. Au lieu de rêver uniquement aux grands rendez-vous électoraux nationaux (l’élection présidentielle, pour ne pas la nommer), il me semble préférable de viser la reconquête partielle mais méthodique de territoires, de supports (associations, syndicats, réseau Internet, etc.) et donc de libertés concrètes.
Novopress : Vous étiez présent lors de la journée de clôture du camp d’été des Jeunesses Identitaires. Quels enseignements en avez-vous retiré ?Oui, j’ai été pour la première fois invité, parmi d’autres, à rencontrer le temps d’un après-midi les membres des Jeunesses Identitaires lors de leur camp d’été dans la région de Lyon. Ce sixième camp a proposé des activités sportives (boxe, jeux physiques tels que « l’épervier » ou le jeu de la corde…), mais également des conférences, des cours sur certains pans de l’histoire européenne ou des ateliers de formation militante.
Fabrice Robert :
Lors de mon exposé, je leur ai présenté la stratégie du Bloc et ses projets. S’en est suivi un dialogue constructif et très vivifiant.
Enfin, j’ai pu me rendre compte de l’exceptionnelle qualité des militants formés à l’école identitaire. La quasi totalité n’ont connu que les JI et ne sont donc jamais passés par des mouvements de la droite nationale. Ce sont donc des militants neufs, d’un genre nouveau, et qui seront capables de porter haut et loin les couleurs d’une nouvelle offre politique.
Novopress : Revenons sur l’actuelle progression du Bloc identitaire. Avez-vous les cadres et les moyens pour faire face à cette nouvelle donne ?Depuis quelques mois, le Bloc a connu une progression assez nette tant en ce qui concerne le recrutement de nouveaux cadres et militants que par les soutiens qui se sont manifestés dans les milieux les plus divers. A titre d’exemple, le bureau directeur du Bloc a récemment intégré – parmi d’autres - Philippe Milliau, qui va jouer un rôle important dans le domaine de la formation.
Fabrice Robert :
Nous comptons également multiplier les réunions d’information et de cohésion en France afin de structurer toujours plus le Bloc identitaire. Pour atteindre cet objectif, nous avons considérablement enrichi notre équipe d’orateurs et de formateurs susceptibles de sillonner la France et de prendre en charge les nouvelles structures militantes.
Dans le même temps, nous allons nous appuyer sur le Conseil fédéral – sorte de parlement identitaire – lancé à l’occasion du meeting parisien du mois de mai dernier, pour mieux responsabiliser nos cadres et assurer un meilleur développement de notre mouvement (à ce sujet, je vous invite à lire l’article de Pierre-Antoine Plaquevent : Un Conseil fédéral pour le Bloc identitaire ).
Notre objectif numéro un demeure inchangé : franchir l’étape critique que constitue l’afflux massif de nouveaux membres. Nous devons renforcer sans cesse l’armature du courant identitaire en nommant et en formant des cadres chargés de prendre en charge les nouvelles sections et les nouveaux projets. Nous devons être capables de nous appuyer, partout en France, sur un réseau de cadres capables de diffuser l’espoir politique que nous incarnons. Les nombreuses réunions organisées cet été pour préparer la nouvelle année militante me rendent très optimiste.
Novopress : On entend de plus en plus parler de « maisons de l’identité ». À quoi cela correspond-t-il ?Après avoir lancé la Maioun sur Nice, les Identitaires ont inauguré en 2007, la Vlaams Huis, la maison de l’identité flamande. Nous savons que la diffusion de nos idées passe par ce type d’initiatives locales. Maison du peuple plus que local politique, une maison de l’identité permet de s’enraciner dans un quartier, une ville ou une région en proposant des activités diverses (culturelles, caritatives, sociales, etc.) Elle contribue à souder les membres d’une communauté militante tout en attirant vers nous tous ceux qui vivent leur identité sans en avoir encore compris toutes les implications.
Fabrice Robert :
Nous entendons par conséquent développer ce réseau de Maisons de l’identité au cours de l’année 2008-2009. Divers projets sont à l’étude mais je n’en dirai pas plus pour le moment.
Novopress : Lors de votre convention de novembre 2007, on a pu noter la présence de certains mouvements identitaires européens. Avez-vous l’intention de développer ces contacts et dans quel sens ?Tout-à-fait ! Et ce parce que notre combat s’inscrit nécessairement dans une logique européenne. Après seulement cinq ans d’existence, nous pouvons affirmer que nous sommes les représentants d’un courant politique nouveau qui se développe aujourd’hui aussi bien en France qu’en Belgique, en Suisse, en Italie, en Suède, en Espagne ou encore au Portugal. Si certains mouvements s’inspirent clairement de nous (Causa Identitaria au Portugal, Assemblea Identitaria en Espagne ou Les Identitaires de Romandie, en Suisse), d’autres existaient bien évidemment avant nous comme la Lega Nord ou le Vlaams Belang.
Fabrice Robert :
Nous allons donc multiplier les relations avec ces diverses structures européennes. Par exemple, pour le seul mois de septembre, Alsace d’Abord accueillera une trentaine de députés du Vlaams Belang au Conseil général du Haut-Rhin. Dans le même temps, Mario Borghezio, député européen de la Lega Nord, sera présent lors de la réunion de rentrée de Nissa Rebela. Et des Identitaires devraient ensuite prendre la parole lors de la grande fête de la Padanie qui se déroule durant la même période. Par ailleurs, nous sommes invités à prendre la parole au congrès de Plataforma per Catalunya, un mouvement ayant plusieurs élus en Catalogne et qui était présent lors de la Convention identitaire de Beaune.
Divers projets d’actions communes sont d’ores et déjà au programme. De toute façon, qu’il s’agisse des liens avec Jacques Bompard, le Vlaams Belang ou encore la Lega Nord, il apparaît que les Identitaires sont dans le sens de la marche en travaillant avec ceux qui remportent de vraies victoires.
Novopress : Quels sont vos projets à plus long terme?Les projets sont très nombreux. Je me contenterai de dire aujourd’hui qu’au-delà de la structuration du courant identitaire et du développement de notre enracinement local, nous comptons notamment nous inviter dans la campagne des Européennes, nous présenter aux Régionales et préparer la prochaine Convention identitaire qui devrait se tenir à l’automne 2009 avec pour objectif de doubler au minimum le nombre de participants par rapport à la dernière édition *.
Fabrice Robert :
Propos recueillis par Sophie Palazzi pour Novopress France
* La Convention de Beaune avait réuni plus de 300 personnes.




